Au bout du mégot

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21/09/2022 :

¬¬Tu es là ? Je perds le contrôle….
                     Tu es la ? Je perds le contrôle
                                                   J’aurais dû rester, peut-être.
            Tu es la ? Je perds le contrôle.
                    Je m’en vais…d’accord ?
Je perds le contrôle et je n’en vais. Et après…
                              Après rien, j’ai perdu le contrôle. Je m’en vais. Je reste avec toi.                                                  Et je m’en vais¬¬

« Sa face flottait juste au-dessus de mes yeux alors qu’il prononçait ces mots.
Je ne l’avais pas ressenti depuis des semaines, mais je ne l’avais jamais oublié, lui qui est à l’origine que mon obsession récente envers l’au-delà.
De ma folie naissante.
Ha ! Naissante, tu parles. Débridée, enfin libre de répartir ses petites graines insanes à chaque tournant de mes pensées, chaque parcelle de lucidité.
Quand on parle d’un spectre, dans un film, dans un livre, dans n’importe quelle fiction, on s’imagine une sorte d’apparition ectoplasmique transparente blanchâtre, épaisse volute de fumée intouchable.
Je le voyais comme une mosaïque.
Un milliard de petites particules résiduelles de pensées, machines microscopiques, chaque brin de poussière possédant une bribe de souvenir, de personnalité, d’existence ;
La vie d’un mort, sauvegardée par son empreinte chimique.
La réincarnation non pas spirituelle mais physionomique ;
un dépôt, une sécrétion, un cheveu.
Une semi vie éphémère, car tout se transforme, s’incorpore et fusionne avec ce qui l’entoure.
Si le motard avait vécu ici, était passé par là, dans la rue que j’emprunte tous les jours pour aller au travail, dans l’allée que je prends chaque premier mercredi du mois dans le but d’assouvir quelque besoin primaire au bordel 3D ; s’il passait par le rond-point des lauriers, près de la Ciotat, ce jour-là, pendant que j’allais chercher de la gnôle fraîche pour contenter mon père, le vrai, le vivant, à l’occasion de son soixante-neuvième anniversaire.
Si j’avais capté une de ses cellules, éparpillée au vent, s’agrippant à la première matrice qui voudrait bien la laisser s’envelopper confortablement au creux de ses pores pour remonter jusqu’à son système nerveux, limbique. Y déverser quelques souvenirs, quelques bribes de sa vie. L’en imprégner jusqu’à ce que la matrice – moi – pense que ce micro corpus étranger ait toujours fait partie de lui.
Le fasse évoluer, changer, mûrir. Si c’était ça, la réincarnation ? L’après vie ? L’évolution ? »

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